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Courrier du Grand Paris
Le meilleur moyen d'être challengé.
Rachid Bakhalq ouvrira d'ici à la fin de l'année son premier magasin Hal'Shop en région parisienne. « Je veux conquérir la plus grande niche alimentaire de France », annonce-t-il. Il cible aussi bien les consommateurs halal qui n'ont pas accès à la gastronomie française que les amateurs de produits aux parfums de Méditerranée. Pour réaliser son projet, il a quitté Danone, où il était acheteur, puis commercial. Il a suivi une formation de 120 heures à la création d'entreprise et a intégré l'incubateur ADVANCIA : « C'est le meilleur moyen d'être challengé sur son projet. Je suis arrivé avec une idée précise en tête, mais l'intelligence collective a fait évoluer mon business plan : il a changé quatre fois en deux mois. » Loin d'être anecdotique quand on lève 500 000 euros de fonds ! L'incubateur lui a permis de se perfectionner dans les domaines juridique, financier et de la communication. Mais aussi de lever des barrières dans un temps record : « Même si on est bloqué, on trouve toujours une solution grâce au réseau des incubés ou des intervenants. Cela nous ouvre beaucoup de portes. » Si le succès est au rendez-vous, Rachid Bakhalq ouvrira une quinzaine de magasins Hal'Shop en cinq ans.
Article de septembre 2009
Voir l'article originalLefigaro.fr
L'essor d'une offre halal française
En proposant une carte du monde halal aux gourmets musulmans, le restaurant Alambra, situé en Seine-Saint-Denis, connaît un succès vif.
Depuis quelques années, la gamme de produits alimentaires pour les musulmans se diversifie en France. Portrait de cette vague d'innovateurs.
Certes, le halal en France n'est pas nouveau. Dès les années 70 et 80, des boucheries pour musulmans sont apparues dans de nombreuses villes françaises. Mais, ces dernières années, la palette de produits s'est considérablement étoffée avec des plats cuisinés, des biscuits, des bonbons, des boissons, etc. Selon Fateh Kimouche, fondateur du portail Al-Kanz, l'émergence de ces nouvelles niches doit beaucoup au pouvoir d'achat des enfants d'immigrés, supérieur à celui de leurs aînés. «il y a aussi, chez les jeunes pratiquants ou non, une préférence affective pour ces produits qui est paradoxalement plus forte que chez leurs parents», ajoute Florence Blackler, sociologue à l'unité anthropologique de l'université Aix-Marseille. Nombre d'entrepreneurs français s'engouffrent sur ce créneau, faisant montre d'innovation. Ils structurent une offre française de halal qui ne demande qu'à conquérir de nouveaux marchés.
Les cuisines du monde à la sauce halal
Envie de ravioles gorgonzola, de tartiflette ou d'un filet de boeuf ? Oui, mais halal : c'est le créneau du restaurant Alambra en Seine-Saint-Denis qui affiche une carte aux saveurs du monde. Le couscous et le tajine sont les grands absents des assiettes. «Nous essayons de proposer toutes les cuisines, sauf celle du Maghreb», indique, un brin provocateur, Nabil Djedjik, associé. Des plats, au prix moyen de 15 euros, qui ailleurs ne sont souvent pas accessibles aux palais halal. «Ce sont des menus auxquels nous n'avons pas eu accès dans notre jeunesse et c'est un manque», explique Nabil Djedjik. Et à voir sa clientèle venir de Dreux, de Rouen ou de Mantes-la-Jolie affluer dans ce quartier déshérité, ils ne sont pas les seuls. Pour se faire connaître, les deux fondateurs se sont tournés dès 2006 vers des blogs communautaires et ont acheté des mots-clés sur Google, à l'époque peu onéreux. Afin de gagner la confiance de ses clients, l'Alambra a décroché la certification AVS (A votre service) qui est l'une des plus exigeantes. Autre atout : le restaurant change de cartes tous les six mois. Son prochain mets : les moules marinières. Sans vin blanc, bien sûr.
Livreur de viandes
Samir Amdouni était dans une autre vie chauffeur dans une ambassade. Son employeur, résident de l'ouest parisien, avait le plus grand mal à s'approvisionner en viande halal, aussi demandait-il à son employé de traverser l'Ile-de-France en quête de pièces de boucherie. De cette expérience naît le concept de sa société : Haldom livre de la viande halal dans la région parisienne. Au démarrage en novembre 2008, il fournissait des agneaux pour l'Aïd el-Kebir (fête du mouton). L'entreprise livre à présent pour les mariages, les naissances et pour toute consommation quotidienne. Et souhaite élargir sa palette à toute la boucherie halal. Pour se faire connaître, Samir Amdouni participe à nombre de salons, tels que la rencontre annuelle des musulmans de France au parc des expositions du Bourget, aux salons de mariage ou à la Fête orientale de Lyon, à la fin septembre. «Il n'y a pas meilleur moyen pour être en contact avec les consommateurs et leur expliquer notre concept», précise-t-il.
Des supermarchés pour bobos musulmans
Son modèle : le daily-Monop, moderne, clair, bien achalandé. Son contre-exemple : «l'arabe du coin, exigu, cher, qui sert de l'alcool». Rachid Bakhalq veut lancer Halshop, une chaine de commerces de proximité destinés aux bobos musulmans, respectueux des traditions familiales mais au diapason de la modernité occidentale. Une clientèle non-communautaire pourra s'y fournir en plats exotiques et en fruits et légumes bio. Ce jeune entrepreneur de 30 ans a mené des études à Sup de Co Bordeaux avant d'intégrer General Motors, Merck à Londres puis Danone. «Je suis revenu en France pour développer mon projet», raconte-t-il. Accueilli par un incubateur de la chambre de commerce et d'industrie de Paris et soutenu par Oséo, il devrait ouvrir son premier magasin à Nanterre, en février prochain. Avant, espère-t-il, d'essaimer en Ile-de-France et peut-être en province.
Quand l'Aveyron rencontre l'Orient...
Peut-on être non-musulman et investir sur ce marché ? Oui : le producteur de pâtés et de terrines Roger Vidal, bouchers de père en fils dans un petit village de l'Aveyron, a lancé en 2008 sa gamme halal «Au comptoir des origines» qui exporte jusqu'aux Emirats-Arabes-Unis. Six recettes à base de canards, de volailles et d'agneaux, mariant le terroir du Sud-Ouest aux saveurs orientales, certifiées par la mosquée d'Evry. «Pour un novice, ce ne fut pas facile de saisir les tenants et les aboutissants, mais nous avions la volonté de s'imposer comme un acteur sérieux et reconnu», raconte Christine Lamdakkar, responsable export. Cette TPE de huit salariés produit aussi la marque distributeur «Auchan». Si ces produits halal ne représentent pour l'heure que 6% de son chiffre d'affaires, la société espère bien s'imposer sur ce marché, en conquérant le Maghreb et l'Arabie Saoudite.
Du sucré au salé
Directeur général de Beur TV, Saïd Bouakline était en quête d'aventure. Il voulait évoluer, créer. Il y a deux ans, il a racheté une société existante pour produire des bonbons à base de gélatine de boeuf sous la marque Gumoz. Mais des difficultés d'approvisionnement l'ont obligé à arrêter. Loin de se décourager, il s'est alors lancé dans la conception des sauces Maïza, vendues à la grande distribution et aux restaurants. «Je m'étais aperçu qu'il n'y avait qu'un producteur en France». Un marché était donc à conquérir. Aujourd'hui, son entreprise propose 45 références concoctées en Belgique avec un partenaire reconnu au plat pays pour ses sauces et mayonnaises. «Ils sont là-bas plus avancés que nous sur le créneau halal», explique-t-il. L'activité est forte, mais les investissements de départ l'étaient tout autant. Maintenant que les perspectives sont bonnes, il compte relancer la production de bonbons. Avec un approvisionnement sécurisé.
Fabien Fournier - 21/09/2009
Voir l'article originalCourrier de l'Atlas
(...) Rachid Bakhalq, 30 ans, fondateur de Hal'Shop, magasin de proximité offrant une vaste gamme de produits halal, a terminé sa période d'incubation en juillet et ouvrira le 1er magasin en 2010 à Nanterre (92). « Après trois mois de formation à la chambre de commerce de Paris, on m'a proposé d'intégrer l'incubateur. J'ai suivi une nouvelle formation de six mois et, comme je suis seul, on m'a proposé de m'accompagner encore six mois de plus.
Dès le premier jour, on nous attribue un coach. Il m'a donné des méthodes et m'a motivé en cas de baisse de moral. Il y a une émulation positive qui tire les gens vers le haut. Au niveau accompagnement, il y a trois axes. Un aspect argent : tout ce qui touche au business plan, à la gestion de la trésorerie, aux lois, à la fiscalité des sociétés. Un second axe commence, marketing spécialisé dans la marque et communication. Le troisième est lié au développement personnel. Pour réussir son projet, il faut être bien dans sa tête. Des spécialistes nous apprennent à déstresser en peu de temps et à prendre du recul. Les cours sont basés sur le volontariat. Nous avons droit à deux heures de coaching personnalisé. On nous donne toutes les informations, même très techniques, pour être crédibles, par exemple devant un financier. Grâce à l'incubateur, j'ai rencontré des business angels et j'ai pu lever des fonds. L'incubateur a sélectionné trois projets dont le mien, et j'ai eu l'occasion de le présenter devant plusieurs réseaux en même temps. J'ai ainsi récolté plus de 600 000 euros. »
Nadia Lambarki - Novembre 2009
Voir l'article originalDynamique Entrepreneuriale n°11
Grand amateur de gastronomie, Rachid a longtemps été frustré. Frustré de ne pas pouvoir manger les boeufs bourguignons, petits sautés de volaille à la crème et autres choucroutes, qu'il ne pouvait trouver en version halal. Pensant à tous les gourmands qui se nourrissent halal, il a décidé de créer Hal'shop, un magasin alimentaire de proximité halal. L'ouverture du premier magasin sur la ville de Nanterre est imminente. Il propose une large gamme de produits en accord avec la philosophie halal, allant des produits frais à l'épicerie fine, des boissons (sans alcool !) aux épices venues tout droit des pays méditerranéens. Acheteur de profession, puis commercial, Rachid a acquis par son parcours les différentes compétences qui lui permettent aujourd'hui de développer son entreprise. Seul aux commandes du projet, il s'associe des bonnes compétences et ose frapper aux portes pour demander de l'aide. Après avoir fait la formation « créateur d'entreprise » proposée par la CCIP, il a intégré l' incubateur d'Advancia afin de bénéficier d'un environnement qui le pousse à se challenger et à aller plus loin dans son projet. Depuis quelques mois, il est accompagné de business angels qui ont été séduits par son projet. Travailleur acharné, Rachid a déjà parcouru plus de 10 000 km pour dénicher les meilleurs produits pour ces futurs consommateurs et vérifier que ceux-ci sont réellement halal. Aujourd'hui il ouvre son premier magasin en propre afin de tester le business model et l'adapter à la réalité des attentes des consommateurs. Par la suite il décidera de la stratégie à adopter pour développer l'entreprise. Son but ? Créer une chaîne de magasins de proximité, en propre ou en franchise. La volonté d'un entrepreneur déterminé peut tout réaliser... Grâce à Rachid, les gourmets pourront désormais déguster du foie gras certifié halal !
Lisa Vincenti - Mars 2010
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